ELISDE Brussels

Photoreportage “A l’école du goût”

Photos publiées dans le tab book de This Town Needs Guns.

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Générations Solidaridad

Le tumblr pour suivre pas à pas notre reportage sur la crise du logement en Espagne.

Rédaction d’un article “Universités vs. Hautes écoles” pour le Vif/L’Express (N°3218)

Rédaction d’un article “Universités vs. Hautes écoles” pour le Vif/L’Express (N°3218)

BBR & heXaGEN present APACHES (BE) + LISTENER (U.S.) / 23.08.13
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// REVIEW / A BAND OF BURIERS - DNA 30.07.13//

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Une atmosphère étouffante. « La chaleur », qu’on se dit, et cet été brûlant aurait facilement pu nous servir d’alibi, mais il y a autre chose dans l’air que ces effluves de houblon réchauffées. C’est assez absurde, cette excitation, alors qu’on sait pertinemment que ce qui va suivre nous clouera sur place, plutôt que nous faire nous agiter dans nos t-shirt déjà mouillés. Une ambiance pesante qui sent (fort) l’impatience, et une nervosité à peine contenue.
 

Sur l’estrade également. A tel point qu’il faut partir à la recherche de l’ingé’ son qui s’est fait la malle et que merde, faut que ça commence, là.

Une rapide intro, et très vite, « Slides By ». Pour ceux qui n’attendaient qu’elle, la voilà, le paradoxe même, qui conjugue à la perfection la finesse du verbe et l’imposante présence de James P. Honey, la légèreté de sa déclamation et le lourd silence qui règne dans l’assistance.

Quelques mots adressés au public, mais c’est à se demander s’ils le sont vraiment, tant les morceaux se suivent promptement, comme interrompant une discussion qui n’a de toute façon pas lieu d’être. Une verve incontrôlable, qui nous prend vite au ventre, d’une drôle de manière, presque malsaine. « F. Breavman », « Cello Dub », « Stuffing A Chest », entre autres, mêlant accords doucereux de guitare, violon et violoncelle.

Certains apparenteront peut-être les mains de Honey, agrippant désespérément son t-shirt, à un certain maniérisme. Mais les sentiments qui émanent de cette poésie incisive, soyez-en certains, ne peuvent être feint. Je me serais bien moi-même arraché le haut, si ça n’aurait pas été tout bonnement indécent, me contentant de rejoindre le perchoir du DNA, pour reposer mes jambes chancelantes.

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Derrière chaque morceau ; les chœurs. Le DNA n’avait certainement jamais connu de robes aussi longues que celles de ces jeunes femmes, mais fort est à parier qu’il n’avait non plus jamais entendu d’aussi harmonieux accompagnements vocaux, réels catalyseurs d’émotion, soutenant avec grâce l’énergie sourde du devant de la scène.

Les titres davantage teintés de folk sont « jolis », certes, mais ne sont pas aussi corrosifs que les autres, car force est de constater que les morceaux les plus impressionnants sont ceux qui sont parlés, si pas crachés, bruts, cassants, d’une agressivité mêlée à un calme apparent désarçonnant. On les gardera tout de même pour les jours sans bourbon.

Au milieu de tout ça, un grondement de tonnerre, une bagarre, un roulement de tambour, des éclats de verre et de voix. Le groupe, pénétré, ne semble pas vraiment s’en rendre compte, si bien qu’on se demande si tout ce bruit ne fait pas partie intégrante du concert. Probablement pas, mais qu’importe, A Band Of Buriers a réussi à absorber ce fracas, à le retenir à l’intérieur de son propre son, comme il l’a fait pour notre souffle.

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Review : Elisabeth Debourse
Photos : Pablo Fleury

// Le Cabinet//

                         

Participation aux numéros 2, 3, 4 et 5 du “Cabinet”, le magazine des étudiants de l’IHECS, principalement pour la rubrique “What we liked” (Critiques et interviews en matière de culture - musique).
J’ai également participé aux rubriques “Erasmus” et “Cui-cui” (Twitter).

Le Cabinet n°2 (p.16-17, 24-25)
Le Cabinet n°4 (p.12-13)
Le Cabinet n°5 (p.6, 23)

Projet IHECS en cooperation avec francisco ferrer stylisme / 2012
Photo-reporage sur Camille Fortemps
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Grève générale porto / 27.06.13
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Concert Tally-Ho : Strange hands + Scrap Dealers + Baston
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Projet “Charledroit

Trois photos publiées dans le Marianne Belgique du 15/06/2013 (n°15)

Menomena - Rotonde / 06.12.12
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// Musique du Jour / Wildmen – I Spit On Your Graves//

Parce que faire rimer orgie et spaghettis n’est pas donné à tout le monde.

Les mecs de Wildmen, c’est un peu les Mario et Luigi du punk garage. Italiens et moustachus, les salopettes en moins, les bras tatoués en plus. Ils dispensent un son qui donne envie de renouer avec votre côté le plus dirty, revêtir votre vieux cuir qui pue la clope froide, de sautiller d’un pied à l’autre de manière désordonnée, d’affoner votre bière et de beugler que « putain c’est bon ». Les romains mettent K.O. vos dernières inhibitions à coup de riffs bien sentis.

Les romains Giacomo Mancini et Matteo Vallicelli ont récemment sortis un EP brut et provoquant, sur le label non moins rital Kuma Records. Pour fêter ça, le duo s’offre une tournée européenne, qui passera par Berlin, Budapest, Belgrade, Bordeaux et … Bruxelles ! Ils partageront la scène rétro de Madame Moustache avec les liégeois de Scrap Dealers, le 25 novembre prochain. Giacomo fait de l’ « air guitar » avec un céleri comme personne, j’dis ça, j’dis rien.


Dans vos oreilles, ici.

// Interview / The Magnets 04.11.12//

Baptême musical belge pour les Marseillais de The Magnets.

La cour de l’auberge Jacques Brel offre un abri appréciable à la frénésie bruxelloise et au vent frisquet qui souffle ce dimanche. Le bruit tranquille de la fontaine en son centre est une invitation à s’asseoir dehors, même à la veille des premiers frimas, pour discuter autour d’une bière. Raclements joyeux de chaises, tintements des bouteilles qui s’entrechoquent, l’ambiance est chaleureuse et les accents chantants des membres de The Magnets nous renvoient à Marseille, bastion de ce jeune groupe pop-rock. Autour de la table, Zenia Church, voix androgyne de la formation, Marine Soleil qui officie à la guitare, le bassiste particulièrement enjoué Hugo Maillet, et Guillaume Rottier, batteur.

 Ambitieux, le quatuor qui fête ses trois ans profite de tremplins pour multiplier les concerts, notamment sur certaines grandes scènes musicales telles que le Printemps de Bourges ou encore les Francofolies de la Rochelle, où ils ont défendu leur premier EP « Puzzle ».

 

Comment l’aventure The Magnets a-t-elle commencée ?

Guillaume : A la base, c’était Marine et moi. On faisait de la musique, dans des petits groupes, et à la fin du collège, on s’est dit qu’on allait faire un groupe à deux, vu que ça n’avait jamais vraiment fonctionné avant, et on savait qu’on était motivés tous les deux. On a fait ça pendant six ou huit mois. Ensuite on s’est dit qu’on devait prendre quelqu’un au chant. Entretemps, Marine avait rencontré Zenia au lycée, donc elle est entrée dans le groupe. On faisait ça pour s’amuser, et ça a duré à trois comme ça pendant un an. On a gagné un tremplin et un enregistrement en studio pendant trois jours. On nous a alors conseillé de prendre un bassiste, et moi je connaissais Hugo, qui est très bon. C’est là que ça a vraiment commencé. On a encore bossé un an avant de faire des concerts.
Hugo : Et nous voilà !
Guillaume : Et quand Hugo est arrivé, on a changé de nom, aussi. C’est là vraiment que le groupe a commencé, on a essayé de trouver une direction, on a bossé pour trouver des concerts,…

 Vous venez de Marseille, vous êtes Français, vous parlez français … et vous chantez en anglais. Pourquoi ?

Zenia : À la base, je viens d’Angleterre. C’est donc une façon de faire vivre ses racines et de rester quand même connecté avec une langue, de ne pas la mettre à la poubelle parce que ça y est, on a déménagé en France.
Guillaume : Chanter en français n’est pas d’actualité.
Zenia : Peut-être que le jour où on ira en Angleterre, on deviendra nostalgiques du français, et on fera « du français » !

 Vous composez tous, ou c’est le domaine de prédilection d’une personne ?

Marine : Tout le monde met son petit truc, il n’y a pas de leader. Personne n’arrive avec un morceau tout fait.
Hugo : Oui, c’est un groupe sans leader.

 Alors, comment ça se passe concrètement, un groupe sans leader ?

Zenia : Je pense que dans chaque instant, il y a un leader, mais que ce n’est jamais la même personne. Ca bouge toujours dans le groupe, suivant les situations et les évènements.
Hugo : On est quatre leaders.
Zenia : Voilà !

Avez-vous des inspirations précises, des groupes vers lesquels vous aimeriez tendre ?

Guillaume : Niveau carrière, Radiohead, déjà.
Zenia : Oui, elle est joliment longue. C’est ça que l’on recherche en fait ; monter tout doucement, mais être très endurant, et pouvoir voir ça dans la longueur, plutôt qu’être « top of the pop », et puis qu’on nous oublie.
Hugo : Disons que Radiohead, chaque album est intéressant, il se renouvèlent à chaque fois. C’est un choix de carrière, aussi ; tu peux te dire que tu es dans une veine, et que tu ne fais que ça jusqu’à ce que les gens n’en puissent plus … Mais nous on veut faire autre chose. Niveau musical, il n’y a pas vraiment de groupe auquel on voudrait ressembler.
Guillaume : On a des influences, mais pas des modèles.
Zenia : De toute façon, si tu fais de la musique en fonction de quelque chose d’autre, tu n’es pas vraiment complètement dans ce que tu fais. Du coup, c’est peut-être beau, mais illusoire. C’est un beau masque. Je pense qu’on arrive au moment où l’on a envie de déchirer un peu nos masques.

Comment s’est passé votre tout premier concert ?

Hugo : Je vais débuter parce que c’est moi qui l’ai commencé. Donc en tant que bassiste, j’ai eu une espèce d’élan de surcréativité ; j’ai fait un solo de basse en impro …
Marine : En fait, sur scène, il a fait un solo de basse pendant dix minutes, et on se demandait vraiment quand on allait commencer !
Hugo : Je me disais « Allez, un petit solo de basse en commençant, pour montrer que t’es nouveau, mais que tu sais faire des trucs ! »
Marine : Il nous a fait du psychédélique …
Hugo : Les gens étaient là, dubitatifs, ils ne comprenaient pas vraiment ce que je faisais ! On était jeunes et fous. Non, mais pour un premier concert, ça allait encore.
Guillaume : On avait invité tous nos amis, nos familles, tous les gens qu’on connaissait ; c’était LE concert …
Zenia : Et on n’était pas prêts en fait. Donc on s‘est tapés la honte. Mais ça, ça a été super, parce que du coup, pour les concerts suivants, ça nous a débloqués. On ne pouvait pas descendre plus bas !
Marine : Mais on a arrêté les solos de basse, depuis ! 

Quel est, selon vous, votre meilleur concert à ce jour ?

Marine : Les Francos. La scène était énorme, il y avait une équipe de folie et on n’avait jamais été reçus comme ça. C’était vraiment exceptionnel, je trouve. Pour un tout petit groupe comme nous, c’est exceptionnel de pouvoir jouer sur une scène comme ça.
Hugo : Moi je dirais Saint-Etienne, pour l’ambiance du concert. C’était un peu animal, tu vois ? Après c’est sûr que les Francos c’était … les Francos quoi.
Guillaume : Moi je dirais « Le Poste à Galène », une super salle à Marseille où on a joué en janvier de cette année. C’était vraiment super, il y a avait du monde, les gens étaient chauds,… On a fait un bon concert !
Zenia : Ce qui me vient à l’esprit, mais c’est loin d’être mon meilleur justement, c’est avant-hier soir à la Coupole, à Hannut. En fait, on est arrivés en Belgique et les Belges nous ont bien fait boire, pendant trois jours … Et je me suis réveillée le matin, avant la Coupole, avec une grosse gueule de bois. Toute la journée, je me suis demandée comment j’allais jouer … Et juste au moment où je suis arrivée sur scène, ce mal de ventre, qui te prend et qui te donne envie de chialer, et bien il est parti ! Mais dès que je suis descendue, le mal est revenu. Donc ça n’a pas été le meilleur du tout, mais je trouvais que ça a été assez magique, ce remède de monter sur scène.

Si chacun de vous ne devait choisir qu’un seul album à emmener sur une île déserte (fort heureusement pourvue d’un lecteur CD), lequel serait-ce ?

Hugo : Moi ça serait « Tour de France » de Kraftwerk.
Marine : Je le savais !
Hugo : Je fonctionne par périodes. En musique, j’ai vraiment des cycles ; j’ai écouté beaucoup de métal, puis du grunge, après du punk, … et là je suis tombé dans Kraftwerk. Je suis noyé dedans, j’écoute en boucle pratiquement ! C’est LA découverte, cet album, puisqu’il chante en français. Et puis, faire un album sur le Tour de France, c’est un concept. Le Tour de France, c’est pas le truc le plus pop du monde, et eux ils te font un album dessus.
Marine : Non mais je ne vais pas le dire, parce que je vais leur mettre la honte… Mais je pense que je prendrais l’album live à Paris-Bercy d’Indochine, en 2003. Il est énorme. Je suis la seule à être fan.
Hugo : Moi j’aime bien la période ’80. Le reste …
Marine : J’aime bien aussi leur période ’80.
Hugo : Oui mais moi, je n’aime que celle-là !

Et toi Zenia ? J’espère secrètement entendre un groupe anglais, tout de même.

Zenia : J’allais dire « In Rainbows » de Radiohead. On les a d’ailleurs vu il y a un mois. Je ne suis jamais frustrée par Radiohead.
Guillaume : Moi, je n’en ai aucune idée. J’écoute vraiment énormément de choses, et choisir un album … Je n’ai même pas d’album du moment, j’écoute tout le temps plein de nouveaux groupes.
Marine : Il partirait avec le wifi, en fait !
Hugo : Pour avoir Spotify. Spotify Premium, même !
Guillaume : Voilà, mon album ça serait Spotify. Je suis souvent sur Internet … Le dernier groupe que j’y ai découvert, c’est Half Moon Run. Après je ne dis pas que j’écouterais en boucle, non plus ! Le dernier des Eyes, sinon, pour garder le moral. 

Est-ce que vous faites parfois des incartades à votre style musical ?

Guillaume : Personnellement, j’écoute autant du jazz, du rock, … mais non, en groupe on ne fait pas vraiment d’incartades.
Marine : En impro parfois pendant deux minutes, mais on se dit vite « Allez, ressaisissons-nous ! ».
Zenia : Parfois on fait des trucs hors sujet, mais ensuite on va écouter, et on va se demander si on veut vraiment partir dans ce sens-là. On met ça de côté, on se dit qu’on va y revenir, mais on n’y revient …
Marine : Pas.
Hugo : On n’a pas vraiment de ligne directrice, mais on s’y tient quand même, en fait. On ne sait pas où on va, mais il y a des choses qu’on sait qu’on ne veut pas.

Vous êtes très actifs sur les réseaux sociaux, notamment sur Twitter. C’est une chose encore relativement rare. Comment cela se fait-il ?

Marine : On a deux « geeks » avec nous, en fait.
Guillaume : Quand tu t’appelles Radiohead, tu peux te permettre de ne pas y être … Pour nous c’est super important d’être présents sur Internet. C’est d’ailleurs grâce à ça qu’on est ici. On ne peut plus s’en passer ; c’est par Internet que tout passe, que le groupe se développe. Grâce aux mails, aux vidéos,… on se fait des contacts. Aujourd’hui, c’est par là que les petits groupes se développent.
Hugo : Passé un certain niveau, tu peux te passer « complètement » des médias. Mais quand tu es assez nouveau, tu dois être visible. Il faut que tu sois là, tout le temps, dans les têtes.

Si vous deviez définir un tournant décisif dans votre carrière, quel serait-il ?

Marine : Je pense que c’est le fait d’avoir arrêté les études.
Guillaume : Sinon, là, on serait prêts à se coucher, à faire nos devoirs pour demain. Maintenant on a le temps pour voyager, tourner, travailler nos instruments,…

Les études, c’est fini alors ?

Zenia : Disons que ce n’est plus les études, c’est la pratique, maintenant.
Hugo : On travaille chacun notre instrument, on est vraiment « à bloc » dessus.
Zenia : C’est plus faute de temps. Parce qu’en musique, on a encore beaucoup de lacunes… Quand on commence avec rien, on a juste un champ de lacunes dans lequel il faut d’abord labourer, planter les graines, arroser, … Et avant que tout ça, ça ne pousse et que ça fasse des fleurs …
Hugo : En Belgique, on arrose ! 

Quels sont vos projets à venir ?

Guillaume : Nous sommes en tournée jusque fin novembre. Après on va se reposer un peu chez nous, prendre des vacances pendant deux semaines, puis on sera en studio début 2013 pour enregistrer un nouvel EP. On a écrit de nouveaux morceaux depuis septembre, et on va encore prendre le temps en studio de bien travailler ces morceaux. On va essayer d’enregistrer quatre titres à sortir au printemps 2013.
 

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Session acoustique / Jimmie Joy - Unconscious
Juillet 2012

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